Par Jean-Luc Kimbila, Président de la Nouvelle Société Civile du Kongo (NSCK) et de la Fondation des Oubliés de la Planète
ALERTE : Des ONG annoncent des plaintes internationales visant le Conseil national de cybercriminalité de la RDC
Plusieurs organisations de défense des droits humains affirment avoir saisi ou être en voie de saisir des instances de justice internationale afin de dénoncer de graves violations des droits fondamentaux attribuées à des agents du Conseil national de cyberdéfense (CNC) de la République démocratique du Congo.

Selon ces organisations, des plaintes auraient été introduites ou préparées dans plusieurs pays, notamment le Canada, les États-Unis, l’Allemagne, la Belgique et la France, visant des responsables et agents présumés du CNC pour des faits qualifiés par les plaignants de crimes graves contre les droits humains, susceptibles, selon eux, de relever du droit pénal international.
Parmi les personnes citées dans ces démarches figurent notamment Lisette Kabanga, Jean-Claude Bukasa et Taupin Mukengeshayi, présentés par les ONG comme des citoyens canadiens ou résidents à l’étranger, accusés d’avoir joué un rôle dans des opérations d’arrestations illégales, de détentions arbitraires et d’actes assimilés à des traitements inhumains.
Les plaintes annoncées sont soutenues par plusieurs organisations de la société civile, dont la Nouvelle Société Civile du Kongo (NSCK), l’Association contre la torture et l’instrumentalisation de la justice dans le monde (ASTIJ), ainsi que la Fondation des Oubliés de la Planète, qui réclament la dissolution pure et simple du Conseil national de cyberdéfense, estimant que cette structure aurait largement outrepassé sa mission légale.
Ces ONG affirment que le CNC, initialement créé pour lutter contre la cybercriminalité et assurer la cybersécurité nationale, serait devenu, selon elles, un instrument de répression, ciblant journalistes, opposants politiques, activistes des droits humains et simples citoyens.
Elles demandent également à la communauté internationale de prendre des mesures conservatoires, allant jusqu’à la neutralisation des capacités opérationnelles du CNC, afin de prévenir de nouvelles violations présumées.
De leur côté, les autorités congolaises n’ont pas confirmé l’existence de procédures judiciaires internationales en cours et rejettent régulièrement les accusations portées contre le CNC, qu’elles qualifient d’infondées et politiquement motivées.
L’affaire, encore au stade des annonces et démarches militantes, pourrait néanmoins accentuer la pression internationale sur Kinshasa, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions autour du respect des droits humains et de l’État de droit en République démocratique du Congo.